Billet de blogue : Tirer parti des cycles économiques, sectoriels et boursiers

Rédigé par Felix Narhi le .

« Voilà encore du déjà vu. » — Yogi Berra

Il arrive souvent que nous détenions des titres d’entreprises que certains pourraient qualifier d’ennuyeuses, à savoir des entreprises opérant dans des secteurs bien traditionnels qui font face à des vents cycliques contraires. Parmi les titres que nous détenons actuellement, ceux de Liberty Global et Liberty Latin America (grandes entreprises internationales de télévision et de transmission à large bande), de Platform Specialty Products (produits chimiques spécialisés) et de Colfax (société industrielle diversifiée) font partie de cette catégorie. Bien que nous n’ayons acheté aucun de ces titres à un niveau se rapprochant du point culminant de leur cycle, dans certains cas, le ralentissement subséquent s’est avéré beaucoup plus profond et durable que nous l’avions prévu.

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Et bien que ces entreprises soient cotées aux États-Unis, leurs activités ne sont pas exclusivement centrées sur les États-Unis et la plupart d’entre elles exercent des activités d’envergure dans les marchés émergents qui sont actuellement en disgrâce. Néanmoins, le mauvais cycle financier n’a eu aucune incidence sur notre hypothèse selon laquelle il s’agit d’entreprises robustes qui jouissent d’une position concurrentielle forte et qui génèrent des rendements intéressants en matière d’immobilisations corporelles, et ce, tout en offrant à leurs clients des produits et des services essentiels. En outre, il s’agit d’entreprises exploitées par des opérateurs ayant fait leurs preuves et par des répartiteurs de capital habiletés.

Nous estimons que ces entreprises s’apparentent un peu à des entreprises de financement par capitaux propres cotées en bourse parce que leurs équipes de gestion ont une histoire en matière de la création de richesse pour les actionnaires au moyen de stratégies créatrices de valeur analogues. Lorsque combiné avec un ralentissement conjoncturel plus important que prévu, le modèle d’affaires (utilisé par les entreprises de financement par capitaux) selon lequel le rendement des capitaux propres est amélioré par des leviers financiers a porté un double coup à la valeur des actifs sous-jacents. Néanmoins, il semblerait que le pire soit passé et nous sommes d’avis que ces entreprises ont la capacité de se désendetter naturellement au fil du temps à mesure que les flux de trésorerie d’exploitation sont utilisés pour abaisser le niveau d’endettement. En outre, les importantes améliorations opérationnelles réalisées pendant le ralentissement ont jeté les bases pour une éventuelle hausse importante lorsque la conjoncture économique le permettra. Il n’y a pas si longtemps, on faisait les louanges du rendement exceptionnel dégagé par ces entreprises ainsi que de leur potentiel à long terme — et nous ne croyons pas qu’elles aient soudainement perdu ces caractéristiques attrayantes simplement parce qu’elles traversent une période difficile. Nous estimons que ces titres se négocient à un rabais important par rapport notre estimation de leur valeur intrinsèque et nous demeurons optimistes à l’égard du fait que ces titres actuellement « perdants » pourraient devenir les « gagnants » de demain.

Comme nous l’avons vu dans le passé, l’avenir est beaucoup moins prévisible qu’on le pense et il est possible que ces titres soient réévalués à mesure que l’on passe d’un récit pessimiste à un récit optimiste. Il est judicieux de garder à l’esprit que presque tout est cyclique.

Pour mieux vous renseigner sur ce sujet, lisez mon Commentaire du mois de mars 2018.

Felix Narhi, CFA

Le 16 mars 2018