La commercialisation de l’espace – Deuxième partie
August 19, 2021

La commercialisation de l’espace – Deuxième partie

Rédigé par Amar Pandya

I’m not the man they think I am at home…I’m a rocket man (paroles d’une chanson d’Elton John)

L’été a été fort en rebondissements dans la course à l’exploration spatiale par les humains, Richard Branson et Jeff Bezos ayant tous deux réussi des vols suborbitaux à bord des vaisseaux Virgin Galactic VSS Unity et Blue Origin New Shepard.

On ne peut aucunement surestimer la confiance démontrée par les fondateurs de ces entreprises envers la technologie, les évaluations et l’expertise mises au point par elles, au point de mettre leur propre vie en danger. Les événements des derniers mois confirment sans l’ombre d’un doute que nous en sommes à un nouvel âge de l’exploration spatiale.

Comme je l’ai mentionné dans la partie 1, l’espace représente une nouvelle industrie qui recèle le potentiel de générer des activités économiques dans les billions de dollars. La feuille de route actuelle de ce secteur met au jour des caractéristiques comparables à celle de la révolution internet.

Cependant, les premiers jours du point-com renferment des leçons importantes que les passionnés de l’espace se doivent de garder à l’esprit. Tandis que les entreprises de télécommunications et de câbles sont celles qui ont essentiellement mis au point et investi dans l’infrastructure qui a rendu l’internet possible, ce sont les entreprises technologiques qui ont mis l’internet à leur service pour créer de nouveaux produits et services, comme Google, Amazon et Facebook, qui en ont le plus bénéficier.

En ce qui concerne l’espace, le terrain est fertile, mais également incroyablement incertain. Tout comme la nature de l’espace lui-même, la trajectoire de l’industrie spatiale demeure un mystère. Les investisseurs seront peut-être pressés d’apporter leur soutien aux entreprises spatiales d’aujourd’hui, mais en fin de compte, personne ne sait où la valeur se trouve exactement et qui en seront les principaux bénéficiaires.

Bien que la chaîne de valeur à long terme de l’espace ne soit pas présentement visible, nous apercevons néanmoins quelques lueurs qui éclairent la façon dont les entreprises peuvent innover et réussir dans cette nouvelle économie.

Faire évoluer les paradigmes de la fabrication
Relativity Space est une entreprise en démarrage palpitante qui commence déjà à faire des vagues dans cette industrie. Elle a été mise sur pied en 2015 et cherche à mettre au point des fusées imprimées en 3D. J’ai eu l’occasion d’aller écouter une présentation de Tim Ellis, PDG et fondateur de Relativity Space, lors d’une conférence sur l’espace au début de 2020.

Dans son discours, M. Ellis a expliqué que l’industrie aérospatiale construit encore ses produits de la même façon qu’elle le faisait il y a 60 ans, une fusée à la fois, au moyen de milliers de composantes issues d’une chaîne d’approvisionnement complexe et assemblée à la main par une main-d’œuvre d’envergure.

Or, Relativity cherche à mener la charge du virage vers la fabrication par logiciel, où 95 % de la fusée est confectionné par des imprimantes automatisées 3D. L’entreprise a créé l’imprimante 3D de métal la plus imposante au monde et a mis au point un nouveau support technologique pour l’industrie aérospatiale.

Tout, de la conception aux épreuves, en passant par la construction et l’assemblage, s’appuie sur les données afin de faire en sorte que la fusée soit plus rapide, plus performante et meilleure marché, utilisant la technologie pour entraîner une composition des progrès réalisés. Le modèle de Relativity pourrait devenir le futur de l’aérospatial, et de la fabrication en général.

Viser Mars
Elon Musk, animé par son but ultime de créer une colonie sur Mars, caresse l’ambition de produire 1 000 vaisseaux spatiaux, chacun en mesure de transporter 100 passagers et plus de 100 tonnes métriques de cargaison. Pour construire cette flotte, M. Musk cible la construction d’un nouveau vaisseau tous les trois jours. Comparez cet objectif aux nombreuses années qu’il faut à la NASA pour fabriquer un seul vaisseau.

SpaceX a fixé un délai de construction qui est comparable à celui d’un aéronef commercial, avec jusqu’à une douzaine de lancements effectués par une fusée d’appoint au cours d’une seule journée. En mettant en place une chaîne de montage de fusées réutilisables, SpaceX cherche à réduire le coût d’un lancement à 2 millions $, comparativement à 2 milliards $ par lancement effectué au moyen du système actuel de lancement ultra lourd et non réutilisable de la NASA.

M. Musk envisage un avenir où la flotte de vaisseaux effectuera des voyages réguliers vers Mars, permettant ainsi aux humains d’y établir une première ville martienne. Si la vision de M. Musk devient réalité, on peut imaginer un avenir où le commerce existe entre les stations spatiales, les colonies lunaires, les colonies martiennes et la Terre, avec un marché pour les ressources, les produits et les services.

Améliorer la vie sur terre
Bon nombre des progrès technologiques et des mises au point de produits et services commerciaux sont issus de la recherche par les sociétés spatiales ou des contrats qui leur ont été accordés.

Les technologies médicales, comme LASIK, les implants cochléaires, et les progrès du génie aérospatial qui ont amélioré la sécurité et l’efficacité du secteur aérien commercial, sont tributaires du financement et du travail de la NASA.

Le matériel de protection, les matières à l’épreuve du feu et les produits antichocs pour protéger les immeubles des feux et tremblements de terre trouvent également leurs origines dans les annales de la NASA, qui cherchait à protéger ses vaisseaux spatiaux.

Les produits à la consommation, comme la mousse mémoire, la nourriture lyophilisée, les aspirateurs portables et le matériel de conditionnement physique à base d’élastique n’auraient pas été mis au jour sans le financement et la recherche de la NASA.

Ces progrès sur le plan de la fabrication, des communications, des logiciels et de la technologie nous informent des répercussions importantes que les innovations réalisées par l’exploration spatiale peuvent avoir sur la nouvelle économie spatiale, mais aussi sur la vie sur terre.

Relever les défis qui perdurent
Bien que les dernières missions spatiales aient été couronnées de succès et qu’elles laissent envisager les voyages spatiaux pour un plus grand segment de l’humanité, les obstacles demeurent exorbitants.

L’accroissement de projets spatiaux adossés par des « centimilliardaires », au service d’une base de clients constitués de millionnaires et de milliardaires, n’a pas manqué de soulever les critiques et le mépris. Les articles écrits dans diverses publications au sujet de ces lancements ont suscité des discussions sur plusieurs fronts, y compris l’inégalité des richesses, l’évitement fiscal, les questions environnementales et les conditions de travail.

Comme ce fut le cas par le passé en ce qui a trait à l’exploration spatiale, plusieurs se sont opposés à l’attribution de vastes sommes d’argent à l’exploration spatiale lorsque les besoins sur terre pour ce capital sont si grands.

Bien que les critiques et les discussions franches sur l’inégalité économique et la répartition du capital soient justifiées, il est important de ne pas laisser le cynisme dissimuler les immenses avantages que l’exploration spatiale peut procurer à la société.

Un pas de géant pour l’humanité
Nous en sommes arrivés à un moment de l’histoire où les secteurs publics et privés cherchent à commercialiser l’espace. Il s’agit là réellement d’une nouvelle frontière et les occasions innovatrices abondent.

Tandis que tombent les barrières de l’exploration spatiale, la volonté de courir des risques plus grands pour créer de nouveaux produits et de nouvelles technologies est palpable. Toutefois, alors que les améliorations exponentielles sur le plan des coûts permettront d’envoyer plus facilement des ressources dans l’espace, il reste à voir qui occasionnera la plus grande valeur dans cette nouvelle économie spatiale.

Il est difficile de calculer le bénéfice net de l’investissement spatial, mais il pourrait très bien y avoir un effet multiplicateur, tant pour l’économie que pour notre espèce, tandis que nous cherchons à mieux cerner l’univers et notre place dans celui-ci.

Ici à Pender, nous allons surveiller de près tous les rebondissements de cette industrie suivant sa commercialisation. Nous porterons une attention toute particulière à la chaîne de valeur et tenterons de repérer les entreprises les mieux placées pour s’approprier la part du lion de l’économie spatiale.

Amar Pandya, CFA
19 août 2021

 

Fonds Sélect Pender

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